« Veut-on connaître les charmes d’un voyage en pirogue ? On s’assied sur une caisse (le pliant ne viendra que plus tard), la position du corps restant la même tout le jour ; on longe la berge pour que l’obstacle du courant soit moindre et , en frôlant les branches, on dérange les taons et les essaims d’abeilles qui vous attaquent cruellement ; parfois au risque des crocodiles, les piroguiers se jettent à l’eau pour éviter quelques instants les piqûres. Le soir on couche sur le sol, couvert d’une simple natte. Il faut manger sous la moustiquaire pour éviter d’être dévoré par les moustiques. Un poncho caoutchouté sert d’abri contre les tornades. On boit l’eau jaune du Congo, puisée entre des cadavres d’animaux ou des débris humains qui flottent. On allume le feu dans un réchaud d’argile pour chasser les mouches et faire cuire les aliments. Lorsqu’on est trempé par l’orage il faut attendre une embellie et le retour du soleil pour se sécher. Ajoutez les révoltes des porteurs, parfois volontaires, des guides ; les anthropophages à l’affût d’un déjeuner ; les chefs indigènes mal disposés, fourbes, avides, cruels, traîtres, contre lesquels il faut lutter par la diplomatie et par les armes, avec lesquels il s’agit de passer des traités ».(Henri Malo)
Chute de Booué dans Le Tour du Monde, 1887 (détail)
(©CAOM sous réserve des droits réservés aux auteurs et ayants droit)
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